jeudi 5 novembre 2015

Le mal du siècle





















Camarades canards boiteux, malmenés par une époque agressive et anxiogène, où chacun est en permanence au bord du pétage de plombs, je vous ai compris. Hyperactivité, pression professionnelle et sociale, surexposition aux nouvelles technologies…. Les dangers et les ennemis ne sont plus les même qu’autrefois et nous assaillent insidieusement, modifiant notre manière de penser et de percevoir et causant des dommages irréversibles. Longtemps, je me suis crue insubmersible et capable de tout affronter, sans trembler ni me plaindre mais,  à mon tour, j’ai fini par craquer. Ma devise était : « Toujours plus loin, toujours plus haut ! »,  jusqu’à l’explosion en plein vol. Je vous rassure, je n’ai pas coulé comme le Titanic et n’ai pas non plus été internée en HP. J’ai juste eu une crise de spasmophilie de magnitude 200 sur l’échelle de Richter ! Cette « attaque » a surgi sans crier gare des tréfonds de mon inconscient et a été suivie par quelques semaines brumeuses où j’étais poursuivie par les stigmates de l’angoisse qui, telles des forces maléfiques, allaient et venaient, menaçant de rompre mon équilibre psychologique.

Pendant cette période, j’ai mené un combat quotidien et sans relâche contre des sensations de vertiges, picotements, bourdonnements d’oreilles et autres symptômes variés et perfides, qui, d’après ma psy et bonne fée, n’étaient que des chimères que je somatisais mais qui semblaient pourtant très réels. Moi qui déclarais au maximum une grippe bénigne tous les dix ans et boudais les blouses blanches, je suis devenue subitement plus hypocondriaque que Pépé et Woody Allen réunis, focalisant sur le moindre fourmillement inhabituel et de ce fait lanceur d’alerte. Je m’en suis remise totalement au corps médical pour me guider dans cette épreuve et gagner le repos de l’âme. J’ai ainsi subi une batterie de tests et scanné mon corps sous tous les angles et au final rien, je suis en parfaite santé, il s’agit juste d’un dérèglement ponctuel de mes neurones. Parmi les moments les plus pénibles, je retiendrai tout particulièrement le visionnage en temps réel de mon anatomie avec mon nom et mon âge qui clignotaient sur l’écran télé du centre de radiologie. Après de longues minutes passées dans la peau d’un condamné à mort, je me suis retenue de ne pas embrasser le médecin sur la bouche lorsqu’il a fini par lâcher le fameux : « RAS ! » libérateur.

Dans tout malheur, il y a du bon et j’ai le sentiment que cette expérience m’a aidée à grandir et à parvenir à une forme d’apaisement. Grâce à  l’adoption d’une meilleure hygiène de vie, j’ai retrouvé sveltesse et teint célestin que vous êtes déjà nombreux à m’envier ! Cela a cependant un prix et, désormais victime du marketing du bien être, je me ruine en produits bio et ai rejoint les rangs des aficionados du yoga qui recherchent la respiration perdue, dans l’atmosphère suffocante et saturée par l’odeur capiteuse du patchouli de gymnases bondés. Le Nirvana est proche !

J’ai aussi appris à davantage m’ouvrir aux autres. En effet, en interrogeant mon entourage, j’ai réalisé que je n’étais pas un cas isolé et que ces maux étaient très fréquents et touchaient plus particulièrement les femmes. Ouf, je n’étais pas folle et surtout pas seule. L’une de mes collègues et ma meilleure amie ont même fait preuve d'une solidarité absolue et déclenché la même pathologie. C’est sympa les filles, je sais que je suis une source d’inspiration pour vous, mais ce n’était vraiment pas la peine ! Je n’ai pas essayé non plus de vous refiler le bébé, en espérant m’en débarrasser. On  ne joue pas à « Chat » et la contamination n’est pas transférable par une simple tape sur l’épaule.

Nourrie par les récits de rescapées et bénéficiant d’une séniorité indiscutable, j’ai pu apporter à mes sœurs d’infortune de précieux conseils et faciliter leur appréhension du phénomène. Je ne suis pas allée jusqu'à leur revendre sous le manteau mon surplus d’anxiolytiques mais je leur ai fortement recommandé de s’armer de bananes et de chocolat noir, munitions revigorantes dont je ne me sépare plus même si elles sont réduites en bouillie au fond du sac à main, et surtout j’ai partagé avec elles ma théorie inspirée de  « ça », Le best-seller de Stephen King. Le roman raconte la lutte entre des enfants terrorisés devenus adultes et une entité maléfique connue sous le nom de « ça » qui prend la forme de leurs peurs les plus profondes et se présente sous la forme d’un clown sanguinaire. Pour arriver à faire disparaître « ça », les protagonistes doivent se convaincre qu’il n’est que le produit de leur imagination et ne peut pas leur faire de mal. Il suffit d’appliquer la même méthode pour venir à bout de l’anxiété. Vous avez peut être croisé récemment une automobiliste qui paraissait frappadingue car, agrippée au volant et en agitant la tête, elle répétait inlassablement : « Tout ceci n’est pas réel. Je ne risque rien. »…. Et bien c’était moi, non pas en proie à un nouvel accès de folie mais mettant en pratique le seul remède efficace contre l’angoisse. Je ne me féliciterai jamais assez d’avoir su faire preuve d’éclectisme en matière de culture et de ne pas avoir considéré la littérature d’horreur comme un genre mineur.

Il semble que la Bête a été domptée mais chut car les symptômes pourraient réapparaître. Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! Cette chronique est dédiée à Cécile, Maya et Valou bien que cette dernière ait préféré opter pour une bonne vieille fracture du genou, à mes parents et mes proches dont le soutien a été très précieux et à l’équipe d’intervention de choc, Jacky et François, auxquels je voue une reconnaissance éternelle. No pasaran !

lundi 18 mai 2015

Vasaha



Je suis dans le pays connu pour ses noms à rallonge imprononçables, quelque part entre l’Afrique et l’Asie : Madagascar.  Ici, les gens parlent doucement et calmement et cette tonalité particulière combinée avec ma petite voix font de nos échanges une communion  susurrée et  harmonieuse,  souvent couverte hélas par le tintamarre propre aux villes du tiers-monde.  En effet, malgré  le rythme « moramora » qui donne  envie de secouer certains individus en hurlant : « Ton dynamisme m’émeut. », les journées commencent très tôt et, dès l’aube, la vie s’impose  dans tout ce qu'elle a de sonore, chaotique et surprenant.  J’apprécie tout particulièrement d’être réveillée  vers  quatre heures du matin au chant du coq et, ce, malgré l’utilisation de boules quies supposées ultra-performantes. Je suis donc provisoirement très matinale et peux profiter à loisir de longues plages d’ennui, résultats d’une organisation du temps qui n’est absolument pas optimisée. Ma capacité d’adaptation est mise à rude épreuve et je ronge mon frein, en songeant avec désespoir à tous ces précieux instants inutilement perdus.

Je suis celle que l’on désigne comme une «vasaha », une étrangère,
 placée malgré moi dans une position dominante parfois embarrassante. Ce sentiment de malaise est d’autant plus fort  que le visiteur est d’emblée frappé par l’extrême courtoisie et la gentillesse des malgaches et ne peut comprendre comment ce peuple adorable a été autant malmené par l’histoire et est encore aujourd’hui victime des défaillances de son appareil étatique et des intérêts extérieurs. Rien ne leur est épargné et cela fait un choc, malgré une bonne préparation mentale. Jamais auparavant je n’avais été confrontée à une telle fracture Nord-Sud.

Les entreprises Colas et Total ont pignon sur rue et exploitent sans scrupule les ressources humaines et naturelles du pays. De sinistres expatriés aux visages ravagés par trop d’alcool et de vie tropicale ramassent tous les jours des pelletés de journaliers qui patientent pendant des heures sous un soleil de plomb, dans l’espoir d’obtenir une maigre pitance. Les deux géants mondiaux essaient de racheter leur image en se positionnant comme des mécènes providentiels et en finançant
  des opérations en faveur de l’éducation ou de la protection de l’environnement. Des écoliers peuvent ainsi visiter une réserve de lémuriens dont le prix d’entrée est normalement prohibitif pour les locaux mais comment leur expliquer que la gentille entreprise qui permet cela contribue aussi largement à la destruction de la forêt primaire où habitent les gentils animaux ?

Opérant à titre individuel mais avec un impact tout aussi nuisible, les papis libidineux, millionnaires en ariarys avec l’équivalent de 300 euros, viennent profiter d’une retraite à moindre coût et croquer de la jeune chair docile et résignée. Il y en a partout et ils se livrent à leur petit marché sans honte et aux yeux de tous. C’est écœurant !


L’Occident déverse tout ce qu’elle a de rebutant ou de reliquat sur le continent africain. Un détail prête cependant à sourire dans ce panorama peu réjouissant : la langue française reste très utilisée et les chaines de télévision et de radio passent en permanence des airs de variété connus ou du moins qui ont eu leur heure de gloire car il s’agit exclusivement de vieux tubes des années 70 ou 80. Les carrières de Mireille Mathieu et de Gérard Lenorman connaissent ainsi un nouveau souffle à Madagascar ! Je n’avais pas entendu « Mille Colombes » depuis le concert en l’honneur de la Victoire de Sarkozy en 2007 qui avait été la risée de tous.
 

Heureusement viennent à la rescousse du peuple l’Eglise et les ONGs qui atteignent un nombre record à Madagascar (plus de 600 !). La première est omniprésente dans la vie des malgaches : plusieurs messes par jour, bénédicité avant et après le repas, radio Vatican, écoles religieuses avec une vaste promotion de marketing direct… Le pays a même la version homme de Mère Teresa : le Père Pedro. C’est un dieu vivant qui fait l’objet d’un véritable culte et pourrait bien être élu président s’il avait des velléités politiques.
 Le travail social accompli est immense et inspire le respect.  Le Père Pedro a choisi de se consacrer aux pauvres parmi les pauvres et aujourd’hui son association compte des villages entiers, des écoles, des collèges, des lycées et même une université. Les familles sont prises en charge selon un contrat très ferme. Le travail et la scolarisation des enfants sont notamment obligatoires. J’ai assisté à sa messe marathon du dimanche matin, un spectacle de 3 heures agrémenté de chants et de danses savamment chorégraphiés.  Charismatique sexagénaire, le Père Pedro officie au milieu telle une rock-star. Même plusieurs jours après,  le souvenir de ces nuées d’enfants assis et chantant à tue-tête me poursuit.  A New York, on se presse pour assister aux Gospels d’Harlem, à Tana, c’est le Père Pedro qui fait le show.  Je ne peux cependant m’empêcher de penser que tout cela est proche de la dérive sectaire et semble trop beau pour être honnête. C’est encore mon manque de foi qui me guide !

Parlons enfin du business des ONGs et de mon actuelle étiquette « humanitaire ». Avec l’appauvrissement du pays, les organismes d’aide ont progressivement occupé une place toujours plus importante au sein de la société. L’aide représente un secteur économique de poids, pourvoyeur de nombreux emplois, et l’on voit mal comment la coopération, temporaire par nature, pourrait cesser sans provoquer une crise.


De ce fait, les ONGs ne peuvent se permettre de perdre leurs ouailles. C’est donc bardée de médicaments et de recommandations sécuritaires que j’ai débarqué il ya une dizaine de jours, m’étant dépouillée de tout apparat
 et me méfiant de tout et de tous. Cette paranoïa a d’ailleurs gagné mon entourage que je m’empresse de rassurer : je n’ai pour l’instant croisé aucun moustique, mon estomac qui n’aurait pas dit non à une petite dysenterie amaigrissante est abondamment rassasié par une cuisine succulente et je bénéficie en permanence d’une garde rapprochée qui me protège d’éventuels brigands. Le plus difficile est de ne pas pouvoir circuler librement et d’être confinée, la nuit tombée, dans ma chambre d’hôtel. En même temps, le seul lieu pour sortir le soir est un karaoké et les pannes de courant quotidiennes incitent peu aux déambulations nocturnes. Prenant mon mal en patience, je profite de cette retraite improbable pour rattraper mes lectures en retard et remercie le "ciel" d’avoir inventé le wifi. Je comprends également mieux pourquoi ces missions solidaires ne durent que quelques semaines, car, en cas de prolongation, il y aurait de sérieux risques pour la santé mentale des volontaires. Mais malgré tout, l’aventure en vaut la peine. Veloma... 

jeudi 8 janvier 2015

Ils ont tué Maître Cabu !

 



La nouvelle est tombée hier en fin de matinée provoquant une onde de choc qui s’est propagée dans le monde entier. On se souvient toujours de ce que l’on faisait dans les moments susceptibles de faire basculer l’histoire et en ce qui me concerne, je profitais d’un soleil hivernal radieux pour faire un footing rédempteur post-réveillon en écoutant ma radio préférée et gloussant aux blagues des chroniqueurs. Soudain, les rires se sont effacés pour laisser la place à un communiqué factuel et froid : « Des hommes cagoulés se sont introduits dans la rédaction du journal Charlie Hebdo et ont provoqué une fusillade. On dénombre au moins 11 morts et de nombreux blessés. Les tueurs ont pris la fuite en se revendiquant ouvertement d’Al-Qaïda. » J’étais abasourdie, j’avais les jambes coupées, comme subissant aussi cette attaque, malgré la protection qu’aurait pu offrir l’éloignement géographique de l’impact.

Premier réflexe typique de notre époque, j’ai vérifié l’information sur le net et lancé un appel dans les réseaux sociaux, osant encore croire à une possible grosse farce de la part de ces artistes de la déconnade avant de me rendre à l’évidence et de m’enquérir aussitôt du sort d’amis habitant à proximité du lieu du drame et d’anciens camarades gratte-papiers à l’esprit frondeur. Tous étaient hors de danger mais le plus inconcevable allait venir lorsqu’au fil des minutes les informations sont devenues plus précises : « Charb, Cabu, Wolinski, Oncle Bernard, Tignous, Honoré sont morts. » Quelle horreur, ils ont massacré toute l’équipe, mes tontons flingueurs, les pères fondateurs d’une presse satirique au style inimitable. Je n’étais pas toujours d’accord avec leurs idées mais leurs dessins filaient la pêche : rien de tel que la distance, l'impertinence, l'irrévérence de leur humour pour remettre les choses à leur place, relativiser, dénoncer la véritable vulgarité des choses… Il n’y avait pas plus tolérant, pas plus ouvert, pas moins raciste que cette bande de joyeux lurons.

Charlie Hebdo dont je continue à parler au présent a le blasphème pour religion et subit des menaces depuis la publication des caricatures de Mahomet en 2006 mais l’affaire semblait ancienne et enterrée depuis longtemps. « Ils » pour ne pas dire les bourreaux ou les fous d’Allah ont voulu tuer Charlie mais son rire cathartique et libératoire résistera toujours.

Toutes les victimes de ce drame ont droit à la même considération et chacun est touché à sa manière par la disparition de ces magiciens du crayon mais c’est surtout à Cabu ou plutôt à Maître Cabu que je pense. Ceux qui étaient enfants dans les années 80 me comprendront. Pour nous, Cabu c’est le dessinateur de Récré A2, l’émission du mercredi devant laquelle nous collaient nos parents, nous abandonnant ainsi sans scrupule dans les griffes de la perfide Dorothée et de son équipe d’animateurs débilisants. Heureusement, il y avait Cabu pour nous rassurer, lui qui transpirait la gentillesse, sous ses pulls jacquard et sa coupe au bol immuable, et croquait inlassablement des drôles de pifs à Dorothée. Comment aurions-nous pu imaginer alors qu’il faisait aussi des trucs pour adultes, était un génie de la caricature et avait notamment inventé le concept du « beauf » devenu une référence incontournable en sociologie ? En l’assassinant de manière barbare, on m’arrache ma Madeleine de Proust, c’est mon enfance qui fout le camp. Ils n’avaient pas le droit. Et en plus, cela s’est passé un mercredi. J’ai envie de chialer.

Le réseau Reporters sans frontières qui œuvre pour promouvoir et défendre la liberté d'informer et d'être informé partout dans le monde diffuse en ce moment un spot terrifiant évoquant le destin tragique d’un journaliste enfermé depuis des années dans un caisson et oublié de tous. L’histoire ne dit pas si la geôle est réelle ou s’il s’agit d’une évocation métaphorique du musellement du droit d’expression. A l’écoute de ce message, on se sent concernés et solidaires tout en se disant que cela ne peut se produire que dans une lointaine dictature qui bafoue les droits de l’homme au quotidien et empêche la liberté d’expression. Pourtant, aujourd’hui en France, on tue des hommes pour des dessins. Nous venons de vivre un 11 septembre culturel.
 
J’ai toujours été fascinée par la profession de journaliste. Lorsque, quand j’étais petite, on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais spontanément : « archéologue ou journaliste ». J’ai vite éliminé la première option car Indiana Jones vieillissait un peu plus à chaque film, toutes les pyramides étaient déjà découvertes et surtout un conseiller pédagogique plein d’optimisme a stoppé net mes aspirations : « Mademoiselle, l’archéologie, c’est le mariage ou l’ANPE ». J’ai donc choisi de m’engager dans l’autre voie qui n’offrait pas non plus la garantie d'un avenir florissant mais peu m’importait. Je rêvais de montrer et voir le monde, passer des heures dans des salles de rédaction enfumées et sentant la sueur, entourée de vieux baroudeurs furieusement sexy… J’ai fait des études de lettres puis de journalisme, scribouillé quelques piges mal payées, explosé de joie en voyant ma signature dans des canards engagés. Mais l’aventure s’est rapidement arrêtée. Les conditions d’exercice étaient déjà très précaires, ma vision du métier peut être trop idéale ou ma véritable vocation ailleurs ? J’aurais peut-être dû me donner plus de temps. Cela restera toujours un regret et a encore plus renforcé mon admiration sans borne pour ces maestros de la presse écrite qui m’auront au moins légué le sens de l’humour comme arme de destruction massive.

La mort de ces contributeurs aux Lumières ne doit pas être inutile. Leur richesse intellectuelle et morale doit continuer à briller. Le slogan « Je suis Charlie » a déjà fait le tour du monde et partout des rassemblements ont lieu comme si les gens avaient besoin de ne pas seulement protester en cliquant sur Facebook mais se retrouver, faire corps et être tout simplement ensemble. Ma crainte est que cette surmobilisation meure comme elle est née dès que Charlie fera moins le buzz ou nous aura donné le tournis jusqu’à l’écœurement. Evitons également que de dangereux amalgames soient faits et que l’Islam soit encore plus stigmatisé. N’oublions pas que deux des victimes s’appelaient Ahmed et Mustapha. Osons demeurer une belle et grande démocratie multiculturelle. Soy Charlie. No pasaran !
 

jeudi 27 novembre 2014

Celebrity Bashing

Il y a quelques jours, j’ai commis un acte presque inavouable : je suis allée voir de mon plein gré « Respire », le deuxième film de Mélanie Laurent, rompant ainsi le pacte scellé avec mes copines de détestation absolue et de boycottage systématique de celle qui se revendique comme une artiste touche à tout infatigable et inspirée. C'était ma deuxième entorse à notre règle sacrée puisque, à l’occasion d’un séjour à Paris, j’avais été traînée par mes collègues féminines assister à la pièce « Promenade de Santé » écrite et mise en scène par le non moins insupportable Nicolas Bedos qui offrait à ML son premier rôle au théâtre. Rien ne m’avait été épargné et ce fut un grand moment d’échange et de partage autour de celle que l’on adore haïr.   

Malgré la brièveté bienvenue de la pièce et l’inconfort non légendaire des fauteuils d’orchestre - plutôt souffrir que de gonfler encore plus les poches de représentants d’un théâtre ouvertement commercial -, je tombais dans une sorte d’engourdissement et de torpeur. A la fin  de la représentation, alors que je n’entretenais aucun espoir quant à la possible réussite de ce spectacle et avais sacrifié ces instants trop longs à l’inévitable quota annuel de temps « privilégiés » entre collègues hors du contexte du travail, mes camarades, qui s’attendaient à vivre un moment magique de showbiz, exprimaient haut et fort leur déception. Le plus subtil des chroniqueurs mondains n’aurait rien eu à envier à la pertinence de leurs propos : « 65 minutes, c’est vraiment court pour le prix. »,  « ML est beaucoup moins bien en vrai et sans maquillage », « On dirait un spectre. », « Je ne savais pas qu’elle couchait avec Bedos »…. Bref, ça fait du bien de dire du mal ! J’assume pleinement cette expérience au risque de décevoir mes amis parisiens qui ne jurent que par le théâtre subventionné. Mon côté midinette l’a emporté sur mon engagement militant mais cet épisode a marqué la fin de ma participation aux sorties comité d’entreprise fédératrices. Plus jamais ça !


Mon cercle proche, mes collègues et moi-même ne sommes pas les seules à remettre en cause le talent et le potentiel de sympathie de ML car elle est la cible d’une grogne grandissante sur le web et des milliers d’internautes sous pseudos s’agacent des velléités créatives de cette « précieuse ridicule » et de son omniprésence médiatique.  De nombreuses actrices se sont pourtant essayées à la réalisation sans déclencher une telle campagne d’hostilité. Je pense en particulier à la pétillante Valérie Donzelli dont j’apprécie l’énergie et la gaucherie assumée et qui a touché plus de 800 000 spectateurs avec « La Guerre est déclarée ».


Le pire est qu’avec toute cette méchanceté dont on se délecte, on en oublie presque le principal, l’objet film qui, je dois l’admettre, n’est pas si mal. Même le baromètre cinéphilique pour bobos incarné par le Petit Bonhomme Télérama affiche un visage neutre et dit aimer un peu. "Respire " évoque l’amitié toxique entre deux adolescentes, une expérience qui n’est pas étrangère à ML puisqu’elle avoue elle-même que, déjà au lycée, les autres élèves lui faisaient « la misère ». Depuis les rangs de ses détracteurs ont grossi et ML est aujourd’hui victime d’un mouvement global,  le « celebrity bashing » qui touche le plus souvent les stars féminines. Ce terme anglo-saxon pompeux, dont le simple fait qu’il n’a pas de traduction en français énerve, m’a été soufflé par une rescapée du phénomène, Vanessa Paradis, qui dans une interview chantait les louanges de sa consœur de sa petite voix fluette et appelait à un cessez-le-feu immédiat. Il faut sauver la Fée Clochette.  Alors Mel, pourquoi tant de N ?


Futile ou inutile, cette réflexion autour de l’impopularité d’une people ne peut s’expliquer par de la simple malveillance féminine.  Certes les femmes sont terribles entre elles, se jalousent, se suspectent et savent toujours détecter le détail imparfait qui permettra de générer de savoureuses critiques.  Pourtant nous devrions nous serrer les coudes dans une société  profondément machiste où la parité semble encore une utopie inatteignable,  mais nous préférons taper sur celles qui osent se démarquer, sortir du cadre et s’affirmer. C’est le cas de ML qui ne cache pas sa réussite et ne joue pas la carte de la modestie pour apaiser ses opposants. Elle fonce, fait ce dont elle a envie en s’en donnant les moyens et semble être dotée d’une confiance en elle inébranlable. Dans un contexte très morose, cette approche du monde plus nord-américaine que française suscite l’admiration et l’agacement. Nous n’envions donc pas sa blondeur ou son twist avec Tarentino mais plutôt sa niaque à toute épreuve. Prenons-en de la graine pour mettre autant d’énergie dans nos projets personnels et toi Mel, je t’invite à faire vœu d’humilité dès que possible. Par contre, ne pousse pas la provocation jusqu’à écrire un livre car là c’est moi qui appellerais à la censure. No pasaran !

mercredi 5 mars 2014

Redemption run




Le fait de revivre dans sa ville natale est source de constantes joies quotidiennes, notamment car cela occasionne de croiser au hasard des rues des visages familiers, parfois presque méconnaissables, victimes impuissantes de manipulations perfides à partir d’un logiciel de vieillissement de l’image. Qu’est-il arrivé au bogosse du lycée qui capitalise désormais pour retrouver un peu de son sex-appel perdu sur la combinaison calvitie et embonpoint, remise au goût du jour par François H, notre président bien-aimé ? La déchéance physique n’est cependant rien par rapport à la dégradation morale. Quelle ne fut pas ma surprise en effet de reconnaître dans ce gros macho en 4X4 qui cherchait à doubler mon vélo en hurlant : « Dégage salope de bobotte !!! », le chef de file de l’époque de mes premières manifs. Camarade, il semble que tu aies renoncé au port du keffieh et à la défense des idéaux marxistes pour prendre un mauvais virage et t’engluer de manière irréversible dans la beauferie.
Mais le plus drôle - ou pas. Tout dépend du point de vue et de la capacité de chacun à prendre du recul - est de tomber sur de « vieilles connaissances » filles. La confrontation est rarement pleine de bienveillance et, d’un coup d’œil expert, on se jauge mutuellement et sans détour. Ainsi, j’ai revu il y a peu de temps mon ennemie jurée de 5ème, la terrible Lucie P. Elle trottinait péniblement le long du Canal du Midi, les cheveux gras, des poches profondes sous les yeux et la cellulite débordant d’un jogging informe. La scène se passait par un dimanche matin ensoleillé et une foule hétéroclite encombrait les berges, s’échinant à faire un semblant d’exercice dans l’espoir de compenser tant bien que mal ses excès et d’atteindre l’absolution par le sport. La charte olympique précise que : "La pratique du sport est un droit de l’homme. », et que : « Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte. » mais la tolérance a des limites. Heureusement le reste de la semaine est réservé aux vrais aficionados du running qui sont prêts à braver vent et tempêtes pour avoir leur dose quotidienne d’endorphine.
Lucie P tressaillit en me voyant. Il faut dire que j’avais fière allure, splendidement moulée dans une tenue très près du corps, et que la légèreté de ma foulée était démultipliée par une élégante queue de cheval qui se balançait suivant le rythme de mes mouvements. Les êtres ne sont pas tous égaux face à l’héritage génétique et Lucie P en prit brutalement conscience. Victoire par KO pour Maya ! Galvanisée par cette brève rencontre, je pulvérisais ce jour-là mes records de chrono et diffusais sur mon passage des ondes de plaisir qui ne laissèrent pas indifférente la gent masculine en baskets.
J’ai commencé à courir à l’aube de la trentaine, âge où l’on n’a plus le même enthousiasme pour les virées en boîte de nuit et où l’on aspire à plus d’authenticité et à une meilleure hygiène de vie, et, depuis, je ne me suis jamais arrêtée. La sensation de bien-être que cela procure m’est indispensable et s’est avérée être un précieux remède dans les moments difficiles. Je fais partie de ces convertis improbables, shootés à l’hormone du bonheur, qui n’ont de cesse d’aller toujours plus loin et toujours plus haut, en surenchérissant sur leurs performances. Une addiction en chasse une autre. Les clubbers d’hier sont devenus les runners d’aujourd’hui. Seuls quelques fêtards non repentis, dotés d’un métabolisme étrangement résistant, continuent à mener les deux pratiques de front. Chapeau les gars mais c’est quoi votre truc ?
Je suis désormais totalement intégrée à la secte de ces drôles de gens, qui, de leur plein gré, mettent leurs corps à la peine jusqu’à l’épuisement et se nourrissent de pâtes et de bananes séchées. Notre communauté en pleine expansion est devenue la cible privilégiée de campagnes de pub coup de poing nous vantant les vertus de vêtements techniques hors de prix et de substances énergétiques suspectes, destinés à nous rendre invincibles. Certains aspects dans l’image véhiculée sont tout de même à repenser pour conquérir et fidéliser de nouveaux adeptes. Je pense en particulier au classement par âge dans les courses officielles dicté par le Fédération de l’Athlétisme qui fait des plus de 23 ans des seniors avant de ranger définitivement les plus de 39 ans dans la catégorie vétérans. Difficile de croire alors à des possibilités physiques repoussées à l’infini et à une solution palliative aux affres du temps. Laissez-nous courir jusqu’au bout du rêve et faites que la machine ne se rouille jamais ! Ce message est dédié à tous mes amis joggeurs, randonneurs, marathoniens et trailers de tous horizons et de tous poils mais aussi à Lucie P qui doit persévérer dans ses efforts. No pasaran !


mercredi 4 décembre 2013

Initiales AC



Chère Moumoune, Fofo, Marie-Claire, MC... Les surnoms que t’ont donnés au fil des années tes inconditionnels et indéfectibles followers et dont on a parfois oublié la provenance ne manquent pas, mais aucun n’arrive à rendre compte de toute la complexité et du mystère qui entourent ta personne. Aussi, j’utiliserai ton nom de baptême pour te souhaiter un bon anniversaire. Bon Anniversaire Anne-Claire !!!! En effet, ce soir, j’ai la chance de faire partie des privilégiés triés sur le volet que tu as réunis dans un lieu jalousement tenu secret afin de célébrer tes quarante printemps. Et je n’arrive pas à y croire : toi, l’effrontée boudeuse, l’éternelle adolescente, tu es désormais quadragénaire. Tout fout le camp ! Même en poussant la jeunesse dans ses derniers retranchements, le temps nous rappelle à l’ordre impitoyablement. Tu me diras comment c’est de l’autre côté, si on peut continuer à picoler et rigoler, même un tout petit peu ?

Je retourne régulièrement dans l’université où nous avons fait nos premières armes, désormais dans le rôle du grand capital ennemi, et un épisode récent digne du Péril Jeune -film culte qui a impacté de manière décisive notre post-adolescence troublée, surtout grâce au lumineux Romain Duris, presque quadra lui-aussi – m’a ramenée quelques années en arrière. L’établissement est toujours une poudrière qui enfante des multitudes de révoltés en herbe. Ce jour-là, une bande d’étudiants chevelus en mal d’action voulaient prendre d’assaut le bâtiment administratif principal et séquestrer les membres du comité d’administration. Ils tapaient sur les grilles, façon tambours du Bronx, grimpaient sur les toits et émettaient des grognements sourds. Leur champ de revendications était assez large allant de la libération de la Palestine, en passant par les droits des homosexuels ou encore le musellement de Nabilla. Ces jeunes gens, fermement convaincus de la noblesse de leurs combats et emportés par le vent révolutionnaire, insultaient également les vigiles contractés pour l’occasion en les traitant de nazis. Les pauvres zouaves dont le teint basané ne laissait aucun doute sur les origines n’en menaient pas large. Peu impressionnée, je me suis frayée un chemin au milieu de cette joyeuse guérilla urbaine et ai franchi sans problème les barrages de sécurité. Je me suis d’abord félicitée de cette petite victoire, puis je me suis dit que, certes mon autorité naturelle y était pour quelque chose, mais que cette entrée facilitée était surtout due au fait que je n’avais plus l’air d’une étudiante, même d'une master 2 qui aurait beaucoup redoublé ! Anne-Claire, Romain, je compatis.

Mais revenons à toi Anne-Claire car c’est bien de toi dont il s’agit aujourd’hui. Tu as voulu placer cette soirée sous le thème du voyage et qui de mieux que toi peux incarner l’âme des voyageurs. Toujours entre deux avions, tu as bourlingué à travers le globe avec élégance et volupté et nourris de nombreuses légendes urbaines. Les enfants s’émerveillent et tremblent en apprenant comment tu as déjoué la convoitise et les pièges de pervers sexuels alors que tu faisais du naturisme sur des plages désertes ou t’étais aventurée dans les bas-fonds de capitales africaines. Même si ta modestie naturelle t’interdit de le reconnaître, tu as aussi eu un impact décisif sur la situation géopolitique mondiale. Les anglais n’ont pas su apprécier tes compétences professionnelles à leur juste valeur, notamment en boudant ta technique incomparable du lancer de soupière sur le client. Les espagnols ont été plus réceptifs. Ils ont fini par se remettre en question à force de se faire traiter de peuple servile et tiers-mondiste. Le mouvement des indignados a d’ailleurs démarré juste après ton départ du pays. Les mexicains, eux, ont totalement revu leurs us et coutumes. Le fameux cocktail de camarones au ketchup a été déclaré menace nationale, la population prend des hormones de croissance et les divinités mayas ont été remplacées par un concept global « Anna-Clara ». La libération des infirmières bulgares en Lybie c’était également toi quoi qu’en dise cette idiote de Cécilia Attias ex-Sarkozy. Le dictateur Kadhafi a manqué de « corones » et n’a pu que s’incliner face à une amazone des temps modernes. Les syriens t’attendent mais comme tu le dis si bien : « Bordel, j’ai pas le temps ! ».

Malgré ton goût pour ce mode de vie intrépide, tu as choisi de poser tes valises dans une zone longtemps restée inhospitalière du Nord-Est parisien rebaptisée en ton honneur « Pré Saint-Gervais Anne-Claire ». Depuis ton installation, les prix n’ont cessé de flamber et les touristes se bousculent. Pour votre information, ce n’est pas là où se déroulent les festivités de ce soir. Inutile d’accourir dans l’espoir d’y prendre part !

Rebelle envers et contre tous, tu n’as pas cédé aux bonnes résolutions culpabilisées et culpabilisantes des nouveaux quadragénaires et continue à fumer de plus belle. La cigarette électronique ne passera pas par toi. Paraphrasant Victor Hugo et en espérant que ta bonne étoile continue à briller, je te souhaite que 40 ans soit la jeunesse de la jeunesse. C’est l’âge où tout est possible et où vie est de plus en plus devant soi… Je te kiffe comme on dit dans le langage des jeunes. Felicidades y no pasaran !

mardi 5 novembre 2013

Révolution ?



La démocratie récemment instaurée à la ruche est menacée. L’Ordre des Mâles multiplie les basses manœuvres pour reprendre le contrôle et imposer des règles strictes, en prônant les notions de productivisme et de conformisme, au détriment des préoccupations créatives. Telles les enfants des « Mille jours » de l'Unité populaire du gouvernement Allende dont l’expérience inédite avait été broyée par la dictature féroce du Général Pinochet, les abeilles se préparent à affronter l’inéluctable fin d’un âge d’or. Mais comment renoncer à ses rêves alors qu’on a goûté à l’espoir ? Il est impossible de revenir en arrière, la résistance s’impose. Le « No Pasaran » salvateur est à hurler plus fort que jamais.
 
Bien que nous soyons en 2013, j’ai l’impression d'être une suffragette en train de se débattre dans un monde hostile dominé par les hommes. Car au-delà du fait que l’impitoyable machine entreprise cherche à réaffirmer ses droits sur nous, un vieux fond de misogynie mal enfoui ressurgit comme pour mieux nous remettre à notre place. Il paraît évident en effet qu’aux yeux de ces messieurs, étriqués dans leurs petits costumes de chefs, nous avons pris trop d’aisance, trop de pouvoir, et nous constituons une menace pour leur crédibilité. « Fini de chanter petites cigales, il est temps de rentrer dans le rang ! », semblent-ils dire. Pourtant, si je devais me définir, je ne me comparerai pas à la Cigale qui, dans la fable La Fontaine, a un comportement négligent et parasite et encore moins à la Fourmi qui accumule égoïstement dans son coin le produit de ses efforts. Seule une figure m’inspire dans le microcosmos : Maya, l’abeille anticonformiste et rebelle qui s’est insurgée contre le butinage à la chaîne et a choisi de vivre dans une fleur entourée de compagnons peu conventionnels. Maya, icône rock par excellence avec ses rayures affolantes !
 
Même notre responsable hiérarchique, tendrement affublé du sobriquet de Bosley, qui nous avait séduites par son accessibilité et son style métro-sexuel semble avoir basculé du côté noir de la force. Il échange des œillades suspectes avec le représentant des Ressources Inhumaines venu nous annoncer, à l’occasion de notre grand rassemblement automnal, à quelle sauce nous allions être mangées. Alors que nous pensions avoir trouvé un allié dans le combat pour la liberté des femmes, nous avons brusquement affaire à un homme de main qui exécute les sales besognes et applique les bonnes pratiques apprises dans les écoles de management : étouffer la grogne, diviser pour mieux régner, entretenir le flou…
 
Et maintenant quoi ? Il nous faudrait accepter une proposition insatisfaisante en nous estimant contentes de ne pas nous retrouver sur le trottoir, fort dépourvues avec la bise qui arrive et criant famine.  Non ! « Nous voulons du pain, mais aussi des roses ! » Les esprits s’échauffent et l’heure n’est pas encore au renoncement même si le mouvement reste difficile à canaliser et à organiser car, alors que certaines abeilles sont en proie à une hystérie incontrôlable, d’autres, percées à jour par la méthode Bosley, préfèrent se désolidariser du collectif pour protéger leurs intérêts personnels, s’accrochant à de vagues promesses. L’adversité est un grand révélateur de caractères qui élève ceux qu’elle ne dégrade pas. J’ai d’ailleurs dû intervenir en prétextant le respect du choix individuel pour sauver la peau d’une des réfractaires à l’action commune, qui, refusant de signer un tract contestataire, se faisait traiter de « collabo » par les autres. Sale époque. Heureusement que nous sommes dispersées géographiquement car en d’autres temps, elle aurait risqué la tonte honteuse.

Quelles sont les nouvelles du front me demanderez-vous ? Pour tout vous dire, nous n’avons pas encore pris les armes. Nous tentons pour l’instant la conciliation pacifique et il est vrai qu’après les réactions passionnées des premiers jours, la mobilisation retombe un peu, surtout avec les ponts de novembre. Ambiance sous les pavés la plage. Nous veillons tout de même avec quelques autres à ne pas baisser la garde. Cette situation de crise n’aura pas créé que des divisions et des alliances inattendues se sont mises en place. Tout en préparant notre prochaine contre-offensive, je suis partie en permission pour m’aérer l’esprit et explorer de nouvelles fleurs qui pourraient constituer de potentiels refuges pour l’avenir. No pasaran !